JE REMETS DONC POUR COMMENCER LES MESSAGES DES PREMIERS MOIS. LES NOUVELLES LES PLUS FRAÎCHES SONT DONC SUR LES DERNIERES PAGES. JE VOUS EMBRASSE. SOLANGE.
L'ITALIE
MERCREDI 13 OCTOBRE
Je suis à Belmonte, au Sud-Ouest de Cosenza. Il me reste 180kms à parcourir avant d'arriver à Villa (pas loin de Reggio di Calabre) pour embarquer direction Messine et la Sicile. Depuis plusieurs jours déjà, les campings italiens ont fermé leurs portes. Emus par mon regard « ½il de cocker », tous les gens à qui j'ai demandé ont accepté de me laisser bivouaquer dans leur jardin. Une fois la méfiance initiale dissipée, ils m'invitent souvent à dîner et/ou à petit-déjeuner avec eux. Hier, un couple de médecins à la retraite m'a invitée à partager leurs petits pains/cappucino et offert une tarte spécialement cuisinée pour moi... La veille, une famille m'a invitée à dîner. De quatre, nous sommes passés à 12 convives au fur et à mesure que la soirée avançait... Visiblement mon italien mâtiné d'espagnol ne leur a pas fait peur ! J'ai passé un super moment. Eux non plus n'ont pas voulu me laisser repartir les mains vides. Fruits en quantité, sandwichs, je n'ai même plus besoin de faire mes courses...
Sinon depuis les dernières nouvelles, je suis donc passée par Naples et Pompéi, où je me suis accordé ma première journée sans vélo... En entrant dans Naples, un Italien à vélo, effrayé de me voir toute seule, a décidé de m'escorter partout en ville ! Il est resté presque trois heures avec moi, m'a fait découvrir des coins supers et m'a surtout permis de prendre des photos sans risque, ce qui, d'après lui, n'aurait pas été le cas si j'étais restée seule... Du coup, je n'ai pas traîné et j'ai préféré reprendre la route pour quelques kilomètres pour camper à l'extérieur de la ville... La proximité du volcan se fait sentir, au sens propre comme au sens figuré... Il régnait dans ce camping une odeur d'½uf pourri absolument insupportable !!!!!!!! Sans doute s'y habitue-t-on quand on vit dans le coin.
Côté kilométrage, j'ai franchi cette semaine la barre des 1500 kilomètres... Le hic, c'est que j'avais calculé 1280kms pour rejoindre la Sicile. J'ai donc tout faux ! A ce rythme-là et si je me trompe comme cela à chaque fois, il va me falloir 10 ans pour le faire ce tour du monde !!!!!!
Les premières pellicules sont parties par courrier cette semaine et les photos devraient donc arriver sur le site rapidement. J'ai également confié à ma fille quelques notes pour les légender, histoire que vous sachiez de quoi il s'agit exactement !
Encore merci pour vos gentils e-mails. Se connecter à internet en Italie n'est pas si évident que cela... Sans doute les gens ont-ils des ordinateurs chez eux, ce qui expliquerait le petit nombre de cyber-cafés que j'ai croisés sur ma route ! Je ne vous réponds pas souvent, mais ça ne m'empêche pas de penser à vous très fort...
VENDREDI 15 OCTOBRE
Je suis à Tropea. Il fait 28° et la mer est turquoise. J'en suis à 1623 kilomètres. Je vais rester là demain. Je vais faire un grand ménage, laver mes sacoches et Bouclette de fond en comble.
LA SICILE
DIMANCHE 17 OCTOBRE
Je suis en Sicile. Je vais rester sur place une dizaine de jours. Je pense bien à vous et vous souhaite de bonnes vacances.
Tout va toujours très bien. Avant de rejoindre la Sicile, j'ai beaucoup roulé, notamment sur une falaise qui surplombait la mer. C'était magnifique, mais très dur. Ca montait tellement qu'à un moment, dans un bourg, j'ai été obligée de descendre de vélo et de pousser. Mais même comme ça, c'était mission impossible. Du coup, j'ai détaché mon sac, monté mon vélo et ma remorque avant de redescendre chercher mon sac ! Après les incendies, j'ai eu droit à un orage terrible. Tout était trempé, mais ça n'a pas duré tant le soleil tape dur dans le coin.
Côté coutumes, il m'a fallu m'habituer au culte du Riposo. Je ne prévois plus rien le dimanche. Tout est fermé ! Je ne prévois plus rien non plus en semaine entre 13h30 et 17h, là aussi, c'est le calme plat. Il suffit juste de le savoir, notamment de prévoir quelques provisions pour manger, sous peine de se condamner à la diète jusqu'à 17h...
Pour vous donner une idée plus précise de ce que je vis, je vous résume une journée-type avec Bouclette :
Puisque je me couche avec la nuit, je suis réveillée tôt, vers 7 heures du matin. Je récupère mon nécessaire à petit déjeuner dans les poches plastiques où je renverse ma nourriture pour éviter de transporter trop d'emballages qui finissent pas peser lourd ! Pendant que l'eau chauffe pour le café (si le brûleur marche !), je dégonfle mon matelas et j'attends encore un peu pour plier ma tente qu'elle soit complètement sèche. En mangeant, j'étudie à la loupe mon parcours du jour. Je vérifie que Bouclette est bien huilée et je recharge mes sacs, en essayant d'être rationnelle ! De ce point de vue, j'ai beaucoup progressé depuis mon départ, je ne suis plus obligée de tout vider lorsque j'ai besoin de quelque chose. Je sais à peu près où telle et telle chose sont rangées... Après Bouclette et mes sacs, je m'occupe de moi. Crème écran total, gants, casque ou casquette, lunettes. Avant de partir j'installe sur mon sac mon chargeur de piles solaire qui me permettent d'utiliser mon GPS et d'écouter mon Minidisc. La musique m'avait beaucoup manqué en Amérique du Sud, cette fois-ci, j'ai plus de 45 heures de musique en stock... En général, je quitte mon bivouac autour de 11 heures. Je commence toujours par une première petite pause... au café du village. Un petit expresso et surtout un petit tour aux toilettes pour me laver lorsque je n'ai pas pu trouver de quoi me doucher la veille, et surtout pour faire la vaisselle du dîner et du petit-déjeuner. C'est souvent rustique, mais c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé. Après ça, c'est parti pour un peu de vélo... Vers 14 heures, je fais une pause grignotage, en général des fruits ramassés au bord de la route, du fromage et de plus en plus ce que les gens qui m'accueillent tiennent absolument à me donner au moment du départ (hier encore, une succulente tarte) ! En fonction de mon parcours, je m'arrête me baigner si je suis au bord de la mer, visiter un site si j'en croise un, etc... Je roule rarement plus de quatre heures. J'arrive sur mon nouveau lieu de bivouac autour de 16h30/17h. Rarement avant puisque la plupart des magasins sont fermés. Une fois installée, je vais me ravitailler au village le plus proche, histoire de faire un dîner un peu plus conséquent et surtout reconstituant... Après le dîner, je m'installe dans ma tente pour écrire et laisser mes pensées divaguer, avant de sombrer dans les bras de Morphée. Est-il utile de préciser que pendant que je pédale, je regarde, je réfléchis, je refais le monde... Je sens aussi. Au sens premier du terme. Les algues, les pins, le raisin... et même le souffre quand je suis passé près du volcan à Naples (beurk, une atroce odeur d'½uf pourri!) Je me dis souvent qu'il y a plus triste comme aventure, surtout quand je vous imagine tous, élèves et profs, au travail. Je ne vous dirais pas ce que je pense quand je vous imagine ASSIS à table ou dans un vrai lit douillet ! On ne peut pas tout avoir...
Depuis mon départ, curieusement, j'ai beaucoup parlé... ALLEMAND ! Je me suis finalement mise à l'italien, mais arrivée dans le Sud où les gens parlent beaucoup en patois, ça ne m'a pas beaucoup servie... J'arrive à me faire comprendre et à dialoguer avec les gens que je rencontre, c'est tout ce qui compte... Je n'ose imaginer ce que penseraient les profs de mon accent et de mon vocabulaire !
Petite note moins rigolote, j'ai été surprise de voir à quel point la prostitution était importante, notamment sur les routes de campagne entre Pise et Rome. J'ai croisé énormément de filles et de garçons albanais. Quelle tristesse...
Inutile de vous préciser que je pense beaucoup à vous tous. J'ai toujours des difficultés à lire mes e-mails mais ça devrait rentrer dans l'ordre lorsque je serai dans un pays plus riche en cybercafés... Aux dernières nouvelles, les pellicules n'étaient pas arrivées... Il va falloir vous contentez du récit de mes folles aventures. Je vous embrasse bien fort. A bientôt. Solange.
Un petit coucou spécial aux élèves de Saint-Jo. Profitez bien de vos vacances vous aussi.
MARDI 9 NOVEMBRE 2004
Salut tout le monde,
Un long moment sans donner de nouvelles. Les cyber-cafés sont rares en Sicile et ma fille n'était pas joignable, ce qui ne m'a pas permis de vous tenir informés du déroulement de mon périple.
Après la botte italienne, je me suis donc attaquée à la Sicile, une île magique. J'ai été charmée par la bonté et la gentillesse des gens que j'ai croisés là-bas. J'ai vu énormément de choses et découvert des endroits magnifiques. Pour ceux que ça intéresse, voici mon itinéraire en Sicile : Messine, Torantonio, Milazzo, Iles Eoliennes : Lipari, Vulcano, Paranea, Stromboli, Palerme, Segeste, St Leone, Caltagirone, Catane, Acireale, Brucoli, Etna, Syracuse, Pozzalo.
Curieusement, un peu comme en Italie, j'ai peu vu d'enfants, à l'exception de la sortie des écoles. Ici ils ont classe du lundi au samedi de 8h a 13h. A partir du lycée, ils ont trois après-midi de cours en plus. En primaire les enfants portent des blouses. Jusqu'à la fin du lycée, l'uniforme reste valable pour tous. Chaussures, socquettes, jupes pour les filles, gilets, chemisettes et cravates pour les garçons... Ici il y a plusieurs sortes d'écoles. L'école privée religieuse (catholique) et des écoles gouvernementales. Pour les vacances, les enfants ont droit à 15 jours à Noël et à Pâques et trois mois en été, juillet, août et septembre, à cause de la chaleur ! L'après-midi les enfants sont a la charge des grands-parents quand les parents travaillent. La famille se vit ici au sens large du terme. Les grands-parents vivent souvent avec leurs enfants et petits-enfants. En tout cas, les personnes âgées ne semblent jamais être isolées et le rituel du grand regroupement familial du dimanche est toujours d'actualité !
Ps : j'ai goûté un petit vin (style pousse café) : le Zibipo, typiquement sicilien, fait avec le raisin séché sur des canis. Je ne vous dis que ça...
Je ne vais pas en rajouter sur les grands moments de bonheur que je vis, mais sachez que je me suis baignée tous les jours en Sicile...
MALTE
Après la Sicile, direction Malte et la première galère... Pour rejoindre Malte, je suis montée à bord d'un immense catamaran qui assure la liaison maritime entre les deux îles. Nous avons été pris dans une tempête hallucinante, au point que moi qui n'ai pas été malade en passant le Cap Horn, je me suis mise à l'unisson de tous les voyageurs et membres d'équipage, courbée en deux par-dessus bord ! A mon arrivée, il pleuvait des cordes et je n'avais rien prévu pour me loger... J'ai fini par trouver une petite guest-house. Une fois remise de mes émotions, je suis partie à la découverte de cette île, que je trouve moins attachante que la Sicile.
Mon itinéraire jusqu'à présent : La Valette –Taxbiez – Marsaskala - St Thomas bay – Marsaxlokk – Birzebbuga - Pretty bay – Rabat – Mdina –Sliema.
La première chose que j'ai remarquée en débarquant ici, c'est l'½il protecteur d'Osiriscette dessinée à la proue de chaque bateau de pêche, appelé Luzzu. C'est un ½il bienfaisant et une tradition qui date de la nuit des temps. Cette île est magnifique avec ses murs de pierre couleur de miel qui piègent la lumière de mille manières, selon ses angles, ses découpes et ses volutes. C'est cette pierre dorée qui a valu à Malte le nom de Melita (l'île de miel). Partout on tombe sur des temples mégalithiques dédiées à la déesse mère et ses multiples églises illustrent ses 7000 ans d'architecture. Ici aussi la mer est belle et limpide, mais les nombreuses plages (sans sable quasiment) que j'ai croisées sur mon vélo étaient quasi recouvertes par des vagues déchaînées...
Jusqu'ici j'ai eu du mal a m'attacher a cette île, où le contact humain n'est pas très facile. Les villes les plus grandes, comme La Valette, sont envahies de touristes en rangs par deux!!! Dès que l'on s'éloigne un peu, c'est assez désertique et les routes qui traversent le pays sont peu nombreuses et donc chargées et dangereuses pour moi. Je ne peux pas musarder le nez en l'air. Mieux vaut l'avoir dans le guidon!!! D'autant qu'ici il n'y a ni train ni 2 roues, uniquement des bus et des voitures.
A l'école, ici aussi c'est uniforme (très british) obligatoire. Il faut savoir que l'anglais est enseigné dès la maternelle. Les livres, les cours, les examens sont en anglais. La monnaie est la livre maltaise (environ 2,45euros). Ici donc toute la population parle anglais, même s'il existe une langue maltaise, une sorte de mélange d'arabe et d'italien, assez étrange... Quand ils parlent entre eux, on a l'impression que les gens se disputent!!!
Normalement aujourd'hui, je vais tenter de m'inviter dans une école locale. Je vous raconterai. J'attends dans les jours qui viennent des nouvelles de mon visa pour la Libye. Si ça fonctionne, je pars en avion pour Tripoli dès vendredi. Sinon, ce sera directement l'Egypte, mais dimanche. Je vous tiens au courant. Je vous embrasse tous bien fort.
Pour finir avec les infos, ma fille a des gros problèmes d'ordinateur qui l'empêchent de mettre les photos sur le site. Le problème devrait rentrer dans l'ordre d'ici quinze jours maxi. D'ici là il faudra vous contenter de mes récits, le son mais pas l'image... Elle projette également d'améliorer le site et peut-être même de le transférer tant vous semblez être nombreux à avoir des problèmes de connexion. Affaire à suivre, donc... Solange qui pense bien à vous. N'hésitez pas m'envoyer des mails, à Malte, ils sont bien équipés, ce qui risque de ne pas être forcément le cas de la Libye !!!!!!!!!!
L'EGYPTE
LUNDI 15 NOVEMBRE 2004
Ca y est je suis en Egypte ! La Libye n'ayant finalement pas voulu me délivrer de visa, j'ai donc finalement décidé de rejoindre directement Le Caire. Je suis partie hier soir de Malte. Après une escale à Chypre, je suis finalement arrivée à 3 heures du matin au Caire. Sans visa, puisque l'ambassade d'Egypte à Malte était exceptionnellement fermée à cause de l'enterrement d'Arafat et de la fin du Ramadan et n'en délivrait pas avant mercredi... Après avoir attendri le responsable de service, j'avais obtenu de pouvoir prendre l'avion sans visa, à condition de le récupérer dès mon arrivée au Caire. Coup de bol, à ma descente d'avion, avant même de franchir la douane, un bureau de change vendait les timbres à coller sur le passeport pour l'obtention du visa... J'étais armée ! J'ai discrètement collé moi-même mes timbres sur une page vierge de mon passeport et je suis passée à la douane avec ma fiche de police remplie dans l'avion et mes timbres, ni vue ni connue. Le douanier devait avoir sommeil, il n'a même pas regardé, il a mis son tampon et hop. J'ai ensuite choisi un coin tranquille dans l'aéroport et j'ai dormi un peu sur un banc. Puis j'ai entrepris de reconstruire Bouclette que j'avais emballée comme une reine avec ma remorque. Je me suis mise en selle, et là... De l'aéroport au centre-ville, j'ai pédalé dans une circulation et un bruit absolument hallucinants ! C'était d'autant plus dépaysant que je ne savais absolument pas où était le centre-ville... Je me suis débrouillée en demandant le ''musée égyptien'' ou les grands hôtels. Je me suis d'ailleurs trouvé un hôtel très correct pour trois francs six sous... J'ai mangé un peu et je suis repartie en quête de l'Office de tourisme, histoire de trouver un plan de ville. J'y ai rencontré un Français baroudeur de longue date... On a échangé des infos, mangé ensemble et demain il m'emmène découvrir le Caire de nuit... C'est la 5e fois qu'il vient en Egypte, j'imagine qu'il doit connaître tous les bons plans par c½ur. Je vous raconterai. Pour un premier jour, l'Egypte ça démarre bien. Salut à tous. Solange.
LUNDI 22 NOVEMBRE 2004
Je suis au Caire depuis une semaine maintenant et je vous confirme que l'aventure a commencé!!!! En attendant des nouvelles de mon visa soudanais, que j'ai enfin eu hier après une très LONGUE semaine de palabres, j'ai eu le temps de visiter la ville en long en large et en travers : visite du vieux Caire, de ses mosquées, de sa citadelle, tout est étonnant. Je mange local et pour l'instant ma tuyauterie s'en accommode si l'on peut dire ! Il n'y a que l'eau que je prélève toujours avec ma pompe pour la filtrer. Après plus de deux mois de route, je commence à me faire au rythme. En Egypte par exemple, il ne faut pas être pressé...J'ai mis une demi-journée pour trouver une échoppe histoire de m'acheter un nouveau cahier et des serpentins à moustiques, que je n'ai pas trouvés d'ailleurs... J'arrive de mieux en mieux à me faire comprendre. En général, je fais des gestes et petit à petit je me fabrique un lexique en arabe... Quand les gens comprennent ce que je veux, je sors mon cahier et leur fait écrire en arabe. Du coup, la fois d'après, je n'ai qu'à sortir mon cahier pour me faire comprendre. J'ai également commencé à apprendre à compter (oral et écrit...) et du coup je commence à comprendre les prix affichés!!! Pour la prononciation, j'ai encore des progrès à faire. Cet après-midi, j'ai fait les pharmacies pour trouver les fameuses spirales à moustiques et au lieu de montrer le mot écrit en arabe sur mon cahier, j'ai décidé de me faire comprendre en parlant... Résultat, la femme m'a apporté une boîte de médicaments!!!!! Je ne suis pas encore au point... ça m'a fait rire et elle aussi. Sinon, je développe aussi à fond le système D. Ici, il vaut mieux. Ainsi que l'art de traverser la rue... Alors là, c'est carrément l'école de haute voltige et il vaut mieux avoir le mode d'emploi ET l'estomac solide....
Je me déplace beaucoup avec les bus, parce que le vélo, c'est quasiment impossible, notamment à cause de la police qui fait barrage un peu partout dans le pays. J'ai mis Bouclette en vacances et je me promène sans elle. Cette semaine, je suis allée aux pyramides avec un petit bus populaire, mais c'était bien moins loin que je ne l'imaginais. C'est à une demi-heure du Caire et ça se visite en deux heures !!! En fait elles sont en ville et non pas en plein désert. Bien sûr le désert est derrière mais ça casse un peu l'image!!! Quant au Sphinx, il est petit et en mauvais état, mais je l'ai vu... Je vais arrêter de me plaindre quand même, je sais bien que beaucoup rêveraient d'être là à contempler le Sphinx, même si son nez est cassé !!!!!!!!
J'ai rencontré un Néo-Zélandais qui m'a filé du matériel de bricolage. Il finissait son voyage, du coup on a dîné ensemble. Je suis également depuis plusieurs jours avec un Français qui baroude depuis 14 ans. C'est une sacrée chance pour moi de l'avoir rencontré, il me briefe bien. Ca va me servir pour plus tard.
Bon sinon, j'ai donc mon visa pour le Soudan depuis hier. Je l'ai jusqu'au 21 décembre maxi pour y rentrer et je ne pourrai y rester qu'un mois maxi. Quelle galère pour l'avoir ! Comme je ne peux presque pas rouler en vélo, et maintenant que j'en sais un peu plus sur ma destination future, j'ai affiné mon programme et décidé d'aller faire les oasis du Western Desert à l'ouest du Nil. Je vais y aller en bus et vadrouiller sur place.
Je vais faire : Bahariyya oasis (avec le désert blanc et noir), Farafra, Dakhla et Kharga.
Le Français que j'ai rencontré au Caire va venir les faire avec moi. Sinon en tant que femme seule, je serais obligée de passer par un Tour Opérateur. Après le Western Desert, un bus me ramènera à Asyut pour changement de bus, direction Louxor. Là, normalement, je pourrai refaire du vélo. En fonction de la date, je revisiterai Karnak et Louxor que je connais déjà et prendrai un bus pour la Mer Rouge. Ensuite retour à Assouan pour prendre le bateau et traverser le lac Nasser direction le Soudan. Il n'y a des bateaux que le lundi, donc le lundi 13 ou le lundi 20 au plus tard, je serai au Soudan. Normalement, j'y serai donc pour Noël, mais comme tout est possible, je préfère ne rien prévoir...Voila ça se décante doucement. Demain je pense aller au Musée Egyptien à côté de mon hôtel qui est en plein centre du Caire. Je dors avec des bouchons d'oreille, pourtant en général, il en faut beaucoup pour me réveiller...
Ici, il faut absolument avoir un mode de fonctionnement complètement différent, même par rapport à l'Amérique du Sud. Le Caire est une fourmilière inimaginable. En plus peu de gens parlent anglais et moi je ne parle pas (encore ?) arabe, donc ma première semaine s'est résumée à des contacts humains utilitaires. Mais ça progresse ! Je suis logée dans un petit hôtel à 3 euros la nuit et en moyenne la nourriture me revient à 1 euro par jour. Je mange local: choucarri, kebab, galettes de pain, fruits (excellents, surtout les bananes et les oranges locales). Ici, les femmes et les jeunes filles sont presque toutes voilées, sauf les Coptes qui pour la plupart ont le visage libre. J'ai croisé beaucoup de femmes couvertes de la tête aux pieds, yeux compris... Vendredi jour de prière, la circulation s'arrête presque. Les hommes déplient des rabanes vertes sur le trottoir et sur la chaussée et ils s'alignent pour prier. La prière est diffusée par des hauts parleurs dans la rue. En fait, ils prient dans la rue, parce qu'il n'y a pas assez de place dans les mosquées...
Voila pour les dernières nouvelles. A bientôt pour de nouvelles aventures. Ecrivez-moi tant que je peux vous lire. Des bises à tous. Solange.
LUNDI 6 DECEMBRE 2004
Bonjour à tous,
Coucou me revoilou...
Dernier jour dans la dernière oasis..... J'ai même droit à internet !!! On n'arrête pas le progrès. Quelques nouvelles avant de repartir. Demain je reprends le bus via Assiout pour Louxor. Interdiction absolue de voyager sans escorte dans ces parages! Ces 12 jours dans le désert et les oasis ont été SUPERBES... J'ai bivouaqué dans le désert blanc la nuit de la pleine lune et vécu des instants magiques, de silence, de plénitude, d'émerveillement et de sérénité. Des moments que je souhaite à tous de pouvoir vivre un jour.
Cela fait deux jours que je suis dans cette oasis et ici la police est omniprésente. Ils me pistent toute la journée. Je m'en suis rendue compte parce que leur filature n'est pas vraiment discrète ! Je crois qu'ils sont très inquiets pour la sécurité des touristes et qu'ils ne veulent surtout pas de bavures avant les fêtes. Ca serait une catastrophe pour leur tourisme et leur économie. Du coup, ils gardent un ½il sur moi... Imaginez : les pauvres ... me suivre! Ils vont être contents demain, ils vont pouvoir souffler. Bon sinon il faut que je vous tienne au courant de la suite de mon voyage. J'ai affiné un peu le programme et modifié quelques données. En gros j'ai étudié un peu plus dans le détail les saisons et climats et nourrie des expériences des gens que j'ai rencontrés jusqu'ici, j'ai redessiné mon itinéraire.
Le prochain pays reste le Soudan où je serai le 21 décembre. Je devrais être dans un village nommé Abri le 25 décembre. Ca ne s'invente pas ! Puis direction Djibouti le 21 janvier au plus tard. Viendra ensuite le Yémen à partir de début février pour environ 3 semaines. C'est ensuite que les choses changent. J'ai décidé d'annuler Oman : trop de désert , donc de trop voyage en camion et également manque d'intérêt, surtout après le Yémen ! J'irai ensuite en Inde vers le 1 mars. Rajasthan d'abord puis montée progressive jusqu'a Mai et fuite au frais au Laddakh et Spiti. Retour vers le Népal a partir de mi-juin puis re-Inde, Djarjeling, Calcutta ... puis le Bangladesh. En août je devrais être en Birmanie, en septembre en Thaïlande puis le nord du Laos et entrée en Chine jusqu'a octobre-novembre... En janvier 2006, je devrais être vers le Vietnam que je sillonnerai du nord au sud jusqu'au delta du Mékong. Vers février-mars le Cambodge et de nouveau Bangkok. C'est là que les billets d'avion sont le moins chers et pour moi le moins cher est de prendre un billet Bangkok/ Bali. Viendront ensuite l' Australie, la Nouvelle-Zélande, Fidji, Hawaï, Mexique, etc... Voilà dans ses grandes lignes la suite de mon périple... Voilà de quoi vous donner des idées si jamais l'idée de venir pique-niquer avec moi vous prenait!
Passez tous de bonnes fêtes, je penserai bien à vous. Je vous embrasse, je pense retrouver internet avant le Soudan. Solange et Bouclette
LE SOUDAN ET LE YEMEN SONT TRAITES SUR UN AUTRE POST
LE DEBUT DE L'INDE
7 MARS 2005
Je suis en Inde. Je pars demain de Pushkar. J'ai rencontre ici plein de systèmes scolaires et surtout un créé pour les enfants de la rue. J'ai travaillé avec eux pendant deux heures cet après midi en anglais. Alphabet, apprentissage de la lecture et de l'écriture, calcul, rien de très différent de chez nous !
18 MARS 2005
Bonjour a tous. Pile poil six mois que je suis partie me « promener ». Déjà plus de 4500 kms au compteur et j'ai quitté aujourd'hui le Rajasthan pour l'Uttar Pradesh. Je suis a Agra et je vais demain visiter son fameux Taj Mahal. J'ai récupéré en poste restante un colis rempli de carambars et de nougat... La transe ! Je suis également allée hier dans un parc ornithologique très intéressant à Barathpur. Ici, je prend la route tôt le matin, vers 7 heures pour tenter d'éviter les grosse chaleurs... Il fait super chaud, entre 35 et 40 degrés...
Je mange pas mal de fruits en roulant en particulier du raisin (c'est la saison ici) des goyaves des papayes, des bananes et des oranges... Apres Agra je vais descendre en direction de Varanasi en passant par Kajuraho. Tout va bien bon courage a tous
27 MARS 2005
Je pars demain pour Satna d'où je prendrais un train pour Varanasi. Pédaler devient problématique, il fait un temps caniculaire. Je suis couverte entièrement, bras compris pour ne pas brûler mais du coup j'ai encore plus chaud ! Je me fais un mélange eau sucrée et salée pour tenir le coup quand je roule. Je vous laisse imaginer la mixture chaude. C'est vraiment dégueu et c'est bien parce qu'il faut boire !!!!
Quelques infos qui pourraient vous intéresser : En Inde, 40% des femmes ne sont pas alphabetisées. 30% des hommes ne le sont pas non plus ! 300 millions d'entre elles sont veuves et souvent contraintes à la prostitution pour survivre. Chose étonnante, elles ont accès à tous les métiers. On trouve des femmes cantoniers, des routiers, des ouvriers du bâtiment mais le salaire n'est pas le même que pour les hommes ! Elles gagnent 45 roupies par jour. Sachant qu'un euro=56 roupies... Faites le compte!!! Aux travaux des champs, elles coupent le blé a la serpette et lient leur botte avec un brin de paille. Elles passent la journée le dos cassé en deux sous un soleil de plomb et habillées en saris... De quoi se plaint-on ?
2 AVRIL 2005
Après un petit coup de mou (merci la guardia locale !), je vais mieux....... Je suis allée voir le médecin et j'ai croisé des Canadiens qui avaient le bon médicament, enfin surtout le bon dosage parce que celui donné par le médecin était mélangé... Il me reste juste à reprendre des forces et du poids si possible. Il fait au moins 40 degrés, difficile d'avoir faim!! J'espère avoir un train demain ou après-demain pour le Sikkim, une région coincée entre le Népal et le Bouthan. Un bain d'Himalaya va me remettre sur pattes!!! Les trains sont complets et c'est difficile d'avoir un billet. Je reste donc en stand-bye à Varanasi dans une ambiance troublante ou se côtoient la vie et l'agitation et la mort et ses bûchers... Tout ça dans une indifférence étonnante qui reflète le sentiment de normalité ressenti par la population... Quand on n'y est pas habitué, c'est un peu pesant... Je vous embrasse très très fort.
3 AVRIL 2005
Petit message de Varanasi que je quitte cette nuit (24 heures de bus finalement !) pour rejoindre le Sikkim Je vais m'y refaire une santé et me reposer en peu.
Quelques infos avant de partir : ici les deux roues motorisés font office de transport en commun!!! J'ai vu régulièrement trois personnes et même cinq sur un seul scooter (sans casque vous vous en doutez !) En général, on intercale un enfant entre deux adultes histoire de faire tenir le plus de monde possible. Et ça roule......il doit y avoir des dieux pour protéger tout ce monde-là !!!!!!




